voila l'affaire
L’affaire Camara
A son arrivée à Strasbourg en juillet 1999, Henri Camara signe avec Claude Leroy, manager général du club à l’époque, un protocole d’accord, mais pas de contrat. Il est aussitôt prêté au Xamas de Neuchâtel, sans jouer, porter le maillot, ni recevoir le moindre salaire du RCS. Et lorsqu’il retourne en Alsace en juin 2000, il est encore de trop. Le quota de joueurs extra-communautaires du Racing étant consommé, le club alsacien ne peut lui faire un contrat de travail. Cependant, Proisy ne veut pas laisser un tel joueur à la concurrence. Il entend lui faire signer un "pacte de préférence" dans lequel le joueur, qui repart à Neuchâtel, s’engage à retourner ensuite à Strasbourg, le club lui garantissant alors un salaire de 100.000 francs mensuels. Entre autres obligations, Camara s’engageait à verser une indemnité de 12.5 MF au Racing pour pouvoir signer dans un autre club. Le RCS devait aussi lui verser un complément de salaire de 50.000 francs durant son faux prêt au club suisse. L’intermédiaire choisi pour ces versements à la limite de la légalité — aucun contrat de travail ne les justifiant — n’est autre que l’ancien agent du joueur qui ne reversera jamais l’argent s’il l’a jamais reçu .
En décembre 2000, Henri Camara obtient l’accord de Proisy pour signer aux Grasshoppers de Zürich. Affirmant ne jamais avoir signé la convention demandée par le Racing, Camara s’estime ainsi d’autant plus libéré, et Proisy ne lui réclame pas l’indemnité réparatrice. Quelque temps plus tard, Camara obtient enfin la chance de jouer en France et signe au CS Sedan. Au bout d’un mois, il reçoit un courrier du RC Strasbourg lui réclamant les fameux 12.5 MF. Devant le refus du joueur d’accéder à cette demande, Proisy saisit la Commission juridique de Ligue nationale de football, laquelle découvre ainsi l’existence de cette fameuse convention, qui concerne un joueur évoluant dans un championnat étranger et qui aurait dû de ce fait être soumise à l’homologation de la LNF. Ainsi, le Racing Club de Strasbourg est d’abord condamné à une amende de 15.000 euros, avant de se faire débouter au profit d’Henri Camara. Le commentaire de la Commission juridique est digne d’une brève. Selon elle, le club alsacien s’est rendu coupable de faits "d'une gravité telle qu'ils nécessitent d'être réellement sanctionnés".
L’affaire Niort-Luyindula.
Dernière affaire en date, les conditions pour le moins étranges qui entourent les transferts de Luyindula (de Niort à Strasbourg puis à Lyon) pourraient avoir des conséquences plus graves pour le Racing Club de Strasbourg, puisque les dirigeants niortais vont porter le contentieux devant la Chambre commerciale du Tribunal de grande instance de Strasbourg. Cette affaire en dit long également sur les méthodes appliquées par Patrick Proisy.
En 1998, Strasbourg avait su dénicher Luyindula qui évoluait alors aux Chamois Niortais. Le transfert fut conclu autour d’un million d’euros, et le RCS s’engageait à verser au club niortais 10% de la plus-value réalisée lors de la revente du joueur. En 2001, Luyindula est transféré à l’Olympique Lyonnais pour environ neuf millions d’euros. Mais au lieu de recevoir les quelques 800.000 euros attendus, les dirigeants niortais constatent que Proisy déduit du montant du transfert réalisé les commissions versées aux agents, ce qui réduit de 200.000 euros le bonus versé. Or, aucune clause de la sorte ne figure au contrat, et ils découvrent en outre que l’un de ces agents n’est autre que le bureau britannique d’IMG, dont la filiale française présidée par Patrick Proisy, propriétaire du RC Strasbourg.
Les recours intentés auprès de la Commission juridique et la commission d'appel et de l'éthique de la LNF n’ayant pas abouti, les Niortais s’en remettent d’abord au Comité national olympique et sportif français qui, en décembre 2001, recommande à la LNF de leur donner gain de cause. Las, le bureau de la LNF, dont Proisy fait partie en tant que secrétaire général (mais il se serait abstenu), décide de donner raison au RCS au terme d’une rapide réunion téléphonique en janvier 2002. Les Niortais sont confiants dans l’issue de la procédure devant le TGI, mais craignent que le RCS ne dépose le bilan avant le jugement.
Ce serait un triste dénouement pour le Racing Club de Strasbourg, mais une sorte d’apothéose pour Patrick Proisy.